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Pourquoi les théories conspirationnistes d’extrême-droite sont-elles à ce point obsédées par la pédophilie ? – Ali Breland

Le texte qui suit, publié en août 2019 dans la revue américaines Mother Jones, traite des différentes paniques morales autour de la pédophilie dans le contexte états-unien, ainsi que de plusieurs théories du complot y afférant. Ces théories du complot pédophile sont ici analysées comme relevant d’un discours réactionnaire de défense de la famille traditionnelle contre une menace extérieure, bien qu’on puisse parfois noter une porosité entre ce complotisme et des discours plus larges ordonnant de « toujours croire les victimes » et « protéger l’innocence des enfants ». Read More

Être avocat, messieurs… – Jean-Denis Bredin

Le 30 janvier 1976, un enfant de sept ans, Philippe Bertrand, est enlevé puis tué par Patrick Henry, lequel sera arrêté deux semaines plus tard. Après l’interpellation du meurtrier, dans un contexte d’appel au lynchage, à la justice expéditive et à l’application rapide de la peine de mort, Roger Gicquel, présentateur du Journal télévisé de TF1, déclare « La France a peur. Je crois qu’on peut le dire aussi nettement. (…) Oui, la France a peur et nous avons peur, et c’est un sentiment qu’il faut déjà que nous combattions, je crois. Parce qu’on voit bien qu’il débouche sur des envies folles de justice expéditive, de vengeance immédiate et directe. »

Alors que de nombreux avocats refusent alors que Patrick Henry soit leur client, Robert Bocquillon, Robert Badinter et Jean-Denis Bredin acceptent de le défendre, et font, face à la Cour d’assises, le procès du populisme pénal et de la peine de mort. Justifiant ce choix, Jean-Denis Bredin argumente sa vision du rôle de l’avocat dans une tribune publiée le 1er mars 1976 dans le Nouvel Observateur. Patrick Henry, reconnu coupable de l’assassinat de l’enfant, échappant à la peine de mort, sera finalement condamné à la prison à perpétuité.

Aujourd’hui, des discours  relevant du populisme pénal, tenus par des magistrats réactionnaires, des avocats spécialisés dans le conseil des parties civiles ainsi que par des associations de victimes (ou de personnes prétendant parler au nom des dites victimes) continuent de considérer les avocats de la défense comme des complices du crime, et les principes du contradictoire comme un obstacle à la sécurité. C’est dans ce contexte que nous décidons de republier cette tribune défendant les droits de la défense au sein de la justice pénale.

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#MeToo doit éviter le féminisme carcéral – Alex Press

La question de la répression pénale des violences sexuelles constitue un enjeu clivant des débats féministes. Nous avons récemment republié le texte classique de Martine Le Péron « Priorité aux violées » (1978) qui défend  la pénalisation du viol au nom de la solidarité entre femmes et de l’opportunité que fournissent les procès de violeurs pour déconstruire publiquement les mythes sous-tendant le viol. En contrepoint à ce dernier, nous publions le texte suivant d’Alex Press, dont le positionnement ne doit pas forcement être interprété comme étant antagoniste à celui de Le Péron, qui défend l’idée que le mouvement féministe doit se concentrer sur des revendications de justice sociale et ne pas tomber dans le piège d’un « féminisme carcéral » qui situe le combat contre les violences sexuelles sur le terrain d’une justice pénale et d’une volonté répressive qui perpétuent le système inégalitaire fragilisant les femmes en premier lieu.

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Priorité aux violées – Martine Le Péron

Il arrive encore trop souvent dans les milieux militants que des femmes se fassent sermonner pour avoir porté plainte ou envisager de le faire suite à un viol ou une agression sexuelle. Porter plainte et souhaiter la répression pénale des violeurs ferait le jeu de l’État bourgeois, relèverait d’un « féminisme carcéral », reviendrait à individualiser la lutte contre le sexisme au détriment d’une lutte contre le patriarcat comme structure de domination, nuirait – en cas de viol/d’agression sexuelle interne au milieu militant – à la solidarité et la lutte, accroitrait la criminalisation de groupes sociaux marginalisés en cas de viol commis par un membre des dits groupes …
La pénalisation du viol était déjà âprement discutée dans les débats féministes des années 1970. Dans le présent texte datant de 1978,  l’avocate féministe Martine Le Péron répond aux détracteurs.trices de la pénalisation du viol et défend cette dernière au nom de la solidarité entre femmes et de l’opportunité que fournissent les procès de violeurs pour déconstruire publiquement les mythes sous-tendant le viol.

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