L’anti-impérialisme des imbéciles – Leila Al-Shami

Une fois encore le « mouvement anti-guerre » occidental se réveille afin de se mobiliser autour de la Syrie. C’est la troisième fois depuis 2011. La première mobilisation a eu lieu au moment où Obama envisageait de frapper les capacités militaires du régime (pour ne finalement rien faire) à la suite de l’attaque chimique de la Ghouta en 2013, considérée alors comme un franchissement de ligne rouge. La seconde s’est développée suite à la frappe ordonnée par Donald Trump sur une base militaire vide en réponse à l’attaque chimique de Khan Sheikhoun en 2017. Enfin, une troisième mobilisation émerge aujourd’hui alors que les États-Unis, l’Angleterre et la France mènent des actions militaires de faible envergure (frappes ciblant les équipements d’armes chimiques) suite à l’attaque chimique à Douma responsable au minimum de la mort de 34 personnes dont des enfants cherchant refuge dans les sous-sols. Read More

Mythe et vérité. Pour une critique de la solidarité de la gauche avec le Kurdistan – Antideutsche Aktion Berlin

« Depuis le début et la propagation à une vitesse éclair des soulèvements contre Assad en mars 2011, le régime de Damas a dû compter sur le soutien du PKK/PYD1. Le régime devant focaliser son attention sur d’autres régions syriennes, le PYD n’était plus en mesure d’opprimer la population kurde » affirmait Jian Omar en novembre 2017 dans un entretien avec le Huffington Post2. Interrogé sur le rôle du PYD dans la guerre civile syrienne, le politiste, porte-parole du courant oppositionnel Mouvement de l’avenir kurde3 en Syrie et membre du Conseil national kurde4 répondait : « Actuellement, le PYD ne fait que mettre en œuvre des décisions prises par les fonctionnaires du PKK. Les chefs et décideurs politiques dans les zones kurdes sont des fonctionnaires du PKK comme l’ont rapporté de nombreux journalistes occidentaux présents sur place. Les portraits d’Öcalan5 sont accrochées partout dans les régions kurdes. » Read More

La logique de la guerre – Michael Heinrich

L’intervention en Irak fut avant tout une frappe préventive contre les rivaux géopolitiques potentiels des États-Unis. Ainsi, au XXIe siècle, l’État national demeure un acteur politique de premier plan. 

Le régime de Sadam Hussein s’est finalement effondré plus rapidement que ne le prédisaient certains. Mais il semble peu probable que débute effectivement pour la population irakienne l’ère de « liberté et de prospérité » promise par George W. Bush. En outre, la fin effective de la guerre semble incertaine. Les menaces américaines contre l’Iran et la Syrie se multiplient. La question des véritables enjeux qui déterminent la politique extérieure américaine au Moyen-Orient reste d’actualité. Read More

L’ultime provocation ! À propos du projet de performance de Franco Berardi à la documenta 2017 – Dierk Saathoff

Tandis que la communauté juive de Kassel manifeste contre la performance « Auschwitz on the Beach » à la documenta1, le commissaire de l’exposition Paul Preciado la défend et la considère comme un appel à la conscience.

« Auschwitz on the Beach » est le titre d’une performance qui sera présentée cette semaine à la documenta à Kassel2. Il s’agit à l’origine d’un poème du philosophe italien Franco « Bifo » Berardi, accompagné d’une bande sonore de Fabio Stefano Berardi et d’une installation d’image de Dim Sampaio. Selon Franco Berardi, les Européens auraient érigé des camps de concentration pour les réfugiés sur leur territoire et payé des « Gauleiters »3 en Turquie, en Libye et en Égypte pour faire le « sale travail » en Méditerranée. Berardi écrit que les eaux salées de la Méditerranée auraient remplacé le Zyklon B utilisé dans les camps de la mort allemands.

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Dépasser les théories de l’impérialisme : par delà moralisme et économisme – Michael Heinrich

L’économisme et la critique moralisatrice se croisent dans les théories de l’impérialisme. Celles-ci ne permettent pas d’analyser le capitalisme mondial.

À une époque où le discours sur la société civile minimise la nocivité du capitalisme et alors que les guerres sont présentées comme des interventions visant à promouvoir les droits de l’homme, le discours se référant à la notion d’impérialisme peut paraître radical. De nombreux ex-gauchistes, ayant entre temps découvert les vertus du marché, ont ainsi abandonné la notion d’impérialisme dans les années 1990. Il ne faut pas pour autant en conclure que s’accrocher aux théories de l’impérialisme nous permettra de mener une critique radicale de l’ordre existant.

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En finir avec le culte de la pauvreté – Bernhard Torsch

La critique de gauche du capitalisme est souvent comprise à tort comme un rejet de la richesse. La gauche est elle-même responsable de ce malentendu.

Parmi les nombreuses légendes autour de Lénine, ma préférée se déroule à peu près comme suit : Lénine tient un discours devant des travailleurs en plein hiver glacial russe. L’agitation finie, un homme grelottant dans sa veste low-cost l’interpelle en criant : « le camarade Lénine a beau jeu de discourir ainsi dans son chaud blouson Stone Island et ses belles sneakers Adidas ! ». Et que répond le sage révolutionnaire ? « Camarade, je ne veux pas m’abaisser à ton niveau, je veux que tu t’élèves au mien ».

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Antifas, nationalisme et démocratie – Freerk Huisken

Maciej Zurowki s’entretient avec Freerk Huisken, professeur à l’université de Brême jusqu’à sa récente retraite, au sujet de son nouveau livre.

Dans le précédent numéro du Weekly Worker, nous nous sommes intéressés à l’antifascisme institutionnel de l’État allemand1. Qu’en est-il de l’antifascisme de la gauche allemande ? Dans un pays marqué par une croissance exponentielle de l’activisme d’extrême-droite depuis la réunification, on pourrait s’attendre à ce que la gauche ait développé une analyse politique rigoureuse du néofascisme articulée à une critique anticapitaliste.

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