Antifas, nationalisme et démocratie – Freerk Huisken

Maciej Zurowki s’entretient avec Freerk Huisken, professeur à l’université de Brême jusqu’à sa récente retraite, au sujet de son nouveau livre.

Dans le précédent numéro du Weekly Worker, nous nous sommes intéressés à l’antifascisme institutionnel de l’État allemand1. Qu’en est-il de l’antifascisme de la gauche allemande ? Dans un pays marqué par une croissance exponentielle de l’activisme d’extrême-droite depuis la réunification, on pourrait s’attendre à ce que la gauche ait développé une analyse politique rigoureuse du néofascisme articulée à une critique anticapitaliste.

Malheureusement, il n’en est rien. À gauche, la névrose allemande (dont nous parlions la semaine dernière) trouve son expression dans des phénomènes absurdes tels que le mouvement « anti-allemand », pro-impérialiste et pro-sioniste. Le mouvement anti-allemand dont les slogans vont jusqu’à souhaiter la mort et la destruction des masses allemandes, se fonde sur une simple erreur politique :  il confond le projet impérialiste de l’Allemagne réunifiée avec le sursaut d’une extrême-droite diffuse, pleine de ressentiment et parfois meurtrière, qui est une réaction aux effets matériels de la réunification dans l’ex-RDA.

Il a sans doute échappé aux anti-allemands, pour qui le néonazisme serait inscrit dans l’ADN national allemand, que l’ensemble du bloc de l’Est, Russie et Pologne comprises, a connu des développements similaires depuis 1989.

La situation n’est guère meilleure dans d’autres secteurs de la gauche allemande. L’actuelle Antifaschistische Aktion (AFA), dont le nom provient des unités de combat de rue du Parti communiste allemand des années 1930, constitue une sorte d’alliance désuète d’anarchistes, de « gauchistes » et (soyons honnêtes) de libéraux de gauche qui voient le fascisme comme la principale menace pour l’humanité. Divisée en deux camps hostiles, les anti-allemands et un camp antifasciste plus traditionnel, la tendance programmatique de l’AFA à traiter les seuls symptômes du fascisme plutôt que de proposer un remède à celui-ci se retrouve dans le discours antifasciste en général et est en particulier dominant au sein de Die Linke et dans les publications proches de ce parti2.

L’écrivain et professeur allemand, Freerk Huisken est à ce titre une personnalité rare dans la gauche allemande: une voix marxiste critique de l’antifascisme de la gauche. Dans son dernier ouvrage Der demokratische Schoss ist fruchtbar (Le ventre démocratique est fertile)3, il affirme que la critique antifasciste de gauche est en mauvais état et que les « démocrates de tous poils » s’avèrent incapables de critiquer le fascisme.

Si le livre de Huisken constitue une rafraîchissante provocation, certaines de ses idées font débat. Au cours de cet entretien par e-mails interposés, j’ai senti que Huisken avait tendance à brouiller la distinction entre le capitalisme démocratique d’un côté et sa mouture fasciste de l’autre, interprétant à tort toute évaluation objective des différentes conditions de la lutte de classes sous ces deux formes de la domination bourgeoise comme une apologie de la démocratie. Il mobilise en outre une conception idiosyncratique de la « démocratie » qui, à mon sens, à davantage avoir avec les interprétations bordiguistes et ultra-gauchistes qu’avec le programme démocratique radical effectif épousé par Marx et Engels. J’ai toutefois décidé de remettre la discussion sur la dictature du prolétariat à plus tard.

Les revues et les sites de gauche en Allemagne pullulent de reportages sur les néonazis. Certains disposent même d’une section « antifa » permanente dans leurs pages. L’obsession pour les néonazis ne procure-t-elle une forme de plaisir par procuration à la gauche allemande ?

Cela n’a rien à voir avec la psychologie, ni avec un plaisir par procuration. Il est vrai, en effet, que des franges considérables de la gauche allemande ne concentrent pas leur critique sur les forces politiques et économiques qui administrent et imposent le capitalisme, c’est-à-dire les forces qui pourrissent actuellement la vie des gens. En lieu et place de cette critique, ils construisent la figure du néonazi comme une menace imminente particulièrement dangereuse.

De nouveau, ne minimisons pas le problème, il existe en effet un mouvement néonazi relativement fort et organisé en Allemagne. Qu’est-ce qui pose problème dans la manière dont la gauche gère ce problème ?

L’antifascisme de gauche déclare que les néonazis sont les principaux ennemis. C’est une erreur politique et pas des moindres car la domination bourgeoise réellement existante fait tout d’elle-même pour éliminer les néonazis en tant que concurrents politiques. Ainsi, les « antifascistes » agissent en tant qu’auxiliaires gouvernementaux.

Dans votre nouveau livre, vous donnez huit exemples de critiques valides et erronées du (néo)fascisme. Pourriez-vous illustrer un de ces faux-arguments ?

Lorsque des nationalistes affirment que les immigrés volent « nos » emplois, par exemple ; certains ont tendance à rétorquer que les immigrés créent de l’emploi, qu’il y a du chômage bien qu’un certain nombre de migrants aient quitté l’Allemagne dans les dernières années, etc4. Ces arguments traitent le slogan nationaliste comme s’il s’agissait d’un jugement politique sérieux portant sur le marché de l’emploi. Il ne s’agit pourtant là que d’une légère variation du slogan « étrangers dehors » et le contenu utilisé pour l’illustrer est relativement arbitraire. Aujourd’hui les immigrés sont des trafiquants de drogue, demain ce seront des parasites, après-demain, ils voleront nos emplois. C’est pourquoi de tels nationalistes ne seraient pas satisfaits même si tous les allemands de même que tous les immigrés avaient un emploi. Pour eux, tout étranger en Allemagne est un étranger de trop.

Depuis les années 1990, un nombre incalculable d’ouvrages portant sur le néonazisme en Allemagne ont été publiés, pourquoi le vôtre était-il si nécessaire ?

D’abord, je ne connais aucun livre qui explique comment la démocratie – ou plus précisément, le capitalisme démocratiquement administré – nourrit nécessairement et constamment des nationalistes frustrés. Ces derniers constituent le fondement de tout mouvement d’extrême-droite ou fasciste. Ensuite, l’antifascisme manque véritablement d’une critique adéquate du fascisme. Cela apparaît clairement dans son désarroi face à l’anticapitalisme des fascistes. Enfin, il me semble nécessaire de contrer le galimatias moraliste au sujet du nationalisme et du racisme au profit d’une analyse plus précise. Je pense qu’il est particulièrement important de montrer que le nationalisme et le racisme constituent des éléments essentiels et inhérents aux sociétés démocratiques.

Certains tentent de se « confronter » aux néofascistes avec des pancartes et des articles éducatifs, tandis que d’autres soutiennent la violence antifasciste en toute circonstance. L’option pacifique ne néglige-t-elle pas le pilier fondamental des mouvements fascistes, c’est-à-dire le « pouvoir de la rue » ? La seconde option ne fétichise-t-elle pas la violence ? Les deux camps ne manquent-ils pas de flexibilité tactique ?

Bien sûr, il n’y a rien de mal à l’éducation et parfois on ne peut éviter la confrontation avec les néonazis. L’utilité de ces méthodes varie selon les circonstances particulières. Si l’effort éducatif s’épuise dans un combat pour « arracher les racines » sans critiquer le nationalisme démocratique, il devient aussi inutile qu’un programme politique entièrement centré sur la défense des magasins et des bureaux attaqués par les néonazis, comme le font généralement les antifascistes.

Les antifascistes « musclés » semblent tous être d’accord sur le fait qu’il ne faut pas dialoguer avec les nazis et qu’il convient idéalement de les empêcher de parler. Mais les marxistes ne devraient-ils pas s’investir dans la bataille des idées, quels que soient les participants au débat ?

Bien sûr, mon livre constitue précisément un plaidoyer en ce sens et un manuel qui explique la manière dont il faut procéder. La question de savoir si l’on doit débattre avec des néonazis convaincus est hors de propos et s’avère inutile dans la mesure où ceux-ci ne se laissent habituellement pas convaincre ni même intégrer au débat. La « bataille des idées » doit davantage être menée contre les nationalistes sur lesquels repose la domination bourgeoise allemande. Elle doit être menée contre ceux qui, intellectuellement et pratiquement, permettent à cette domination bourgeoise de convertir chaque crise et chaque boom capitaliste en une série de de succès de l’Allemagne sur le marché mondial, et ce, à leurs dépends. Lorsque vous vous rendez compte que vous vous faites du mal dès que vous prenez parti, y compris par un soutien critique, pour la domination bourgeoise, vous vous immunisez contre le fascisme.

Certains militants allemands se revendiquant de gauche, appellent à ce que l’on désigne comme «  Querfront », c’est-à-dire une alliance transversale entre forces d’extrême-droite et d’extrême-gauche. Jürgen Elsässer me vient à l’esprit. Il s’agit d’un ancien membre du Kommunisticher Bund5 et ex-anti-allemand, éditeur du magazine Compact qui contient des contributions d’auteurs de la Nouvelle Droite. Que pensez-vous de ce genre de personnes, peut-on travailler avec elles ou doit-on les exclure de la gauche ?

Il est vrai que le phénomène de Querfront n’existe pas que dans le camp de la bourgeoisie et que nombre d’ex-gauchistes ont de curieuses accointances avec l’extrême-droite. Quand ils découvrent leur amour pour l’Allemagne, je commence à me demander s’il s’agit là d’un changement de direction soudain ou bien s’ils n’ont pas toujours été animé par ce genre de sentiments. Je ne me pose pas de question sur l’alternative que vous proposez : coopération ou exclusion. Ces ex-militants de gauche et leurs partisans doivent être critiqués partout où ils pointent le bout de leur nez.

Ce que je trouve bien plus troublant que ces exemples d’alliance de type Querfront c’est que depuis la découverte du Nationalsozialistischer Untergrund6, certains groupes antifascistes considèrent que les mesures des autorités contre le néofascisme sont utiles. Ils soutiennent l’interdiction du Nationaldemokratische Partei Deutschlands (Parti national-démocrate d’Allemagne) et quand il s’agit de débusquer des groupes fascistes, ils offrent leurs services en tant que chasseurs de nazis. Ils semblent être indifférents au fait que les démocrates au pouvoir voient les antifascistes de gauche comme des « extrémistes » qui doivent être combattus. Le fait qu’interdire des partis politiques a fait partie du mode de gouvernement nazi ne semble par ailleurs pas les gêner.

La base sociale classique du fascisme était la petite bourgeoisie et le lumpenprolétariat. Cela s’applique-t-il aussi aux nouveaux nazis en Allemagne ?

Je ne partage pas ce point de vue. Selon moi, vous êtes déjà dans la mauvaise direction quand vous cherchez à déterminer une « base sociale ». Il n’y a guère de connexion entre la position sociale de quelqu’un et le fascisme. Le fascisme a toujours engrangé des soutiens dans toutes les classes et dans tous les camps, y compris dans la classe ouvrière, et c’est la même chose aujourd’hui. Il suscite l’adhésion en s’adressant au nationalisme des citoyens frustrés. Cette insatisfaction teintée de patriotisme est toujours présente dans toutes classes.

Il semble que vous ne vous souciez pas trop du terme de « démocratie », que vous vous référiez à la démocratie bourgeoise ou à la « vraie démocratie » promue par les antifascistes. Mais Marx ne considérait-il pas la lutte pour la démocratie comme un élément essentiel de la lutte de classe ? Quel est le problème de la « vraie démocratie », c’est-à-dire la dictature démocratique de la majorité ?

Ce que les antifascistes entendent par « vraie démocratie » n’a rien à voir avec la dictature du prolétariat. En général, les antifascistes ne veulent pas abolir les rapports de pouvoir existants. Ils veulent simplement que l’exercice du pouvoir sur la population permette une plus grande participation de tous dans le cadre des rapports de classe existants. Ils ne se rendent même pas compte qu’ils souhaitent donner plus de pouvoir sur une base égalitaire à des intérêts pourtant antagoniques.

La « dictature démocratique de la majorité » dont vous parlez ne semble exister nulle part. Comme vous remplacez prolétariat par majorité, je lis votre notion paradoxale de « dictature démocratique » comme un terme de compromis cherchant à satisfaire votre lectorat, dans la mesure où l’invocation de la « dictature » a mauvaise presse, vous lui adjoignez « démocratique » ; et puisque le prolétariat a prétendument disparu, vous parlez de majorités abstraites, quelle que soit la composition de celles-ci et les intérêts et idées de leurs membres.

Marx et Engels n’avaient pas de telles idées même lorsqu’ils pensaient encore que l’on pouvait obtenir des choses grâce à la démocratie. Ce qu’ils avaient en tête c’était un prolétariat disposant d’une conscience de classe qui pourrait abolir le capitalisme au moyen du vote. Malheureusement, une telle conscience révolutionnaire n’est pas issue automatiquement de la position de classe que l’on occupe.

Il y a comme un tonalité ultra-gauche dans vos écrits : vous ne reconnaissez qu’une faible différence entre le fascisme et la démocratie bourgeoise. La classe ouvrière ne s’est-elle pas battue durement pour chaque droit démocratique, et ne devrait-elle pas défendre ces concessions contre ceux qui écrasent la classe ouvrière ? Ne serait-ce que pour pouvoir nous organiser et faire circuler notre propagande avec relativement peu d’ingérence ?

Je suis assez étonné de la manière dont vous défendez la démocratie. En quoi un système dans lequel vous devez affronter l’État pour lui extorquer les besoins les plus nécessaires et les plus naturels de santé, de vacances, de repos, et de salaires à peine au dessus du niveau de subsistance, est-il bon ? En quoi est-il bon si ces concessions font sans cesse l’objet d’attaques ? En quoi est-il bon si ces concessions ne sont accordées que comme droits c’est-à-dire dans un cadre où l’État et ses pouvoirs préservent de façon permanente leur souveraineté ?

De plus, je ne recommanderais pas un système politique sous prétexte qu’il permet de faire du travail politique avec « relativement peu d’ingérence ». Il est évident que ce système n’invite pas ses opposants à une bataille des idées, il se réserve le droit soit de bannir ces idées ou, selon ses calculs, de leur permettre de circuler avec « relativement peu d’ingérence », mais sous un contrôle et une surveillance renforcés. La démocratie parvient plutôt bien à rendre inefficace les idées de ses opposants par la liberté qu’elle leur accorde. Pour rendre une critique inefficace, il n’est pas nécessaire de l’interdire comme le faisaient les fascistes.

Qu’elle analyse du fascisme trouvez-vous la plus utile ? Celle de Trotsky, de Dimitrov, de Thalheimer, de Bordiga ou de Poulantzas ?

Ces analyses ne m’intéressent pas. J’ai appris l’essentiel dans le livre de Konrad Hecker de 1996, Der Faschismus und seine demokratische Bewältigung7.

Vous affirmez que les néonazis sont simplement des nationalistes frustrés par le nationalisme officiel des partis bourgeois. Le nationalisme est-il encore facilement compatible avec le capitalisme mondialisé ? Ou est-il devenu plutôt, comme l’affirment certains dans le cadre de la de l’Union Européenne, un obstacle pour le capitalisme ?

Eh bien ! Qui renforce les mesures pour faire face à la crise financière ? Qui se bat au Moyen-Orient ? Qui fait partie du conseil de sécurité de l’ONU ? Qui compose le G8 et le G20 ? Des États-nations et en particulier les États-nations dominants et leurs dirigeants. Et, dans toutes leurs politiques intérieures ou extérieures, il est évident qu’ils veulent améliorer la position économique et politique de leur pays aux dépens des autres États, que ce soit par la coopération ou la compétition.

La mondialisation n’est rien d’autre que la compétition impérialiste habituelle pour l’hégémonie politique et la richesse, c’est la compétition entre les États capitalistes qui remportent le plus de succès. De ce point de vue, ceux qui les dirigent sont des nationalistes professionnels. Pour eux, il est de la plus grande importance que la population les soutienne à travers les partis politiques quand, par exemple, ils introduisent un secteur d’emploi à très bas salaire sur le territoire national afin de concurrencer leurs rivaux européens.

En Allemagne, ils ont réussi les deux: la Grèce est totalement dévastée, et les bons patriotes allemands qui ont enduré une exploitation renforcée pour permettre cela peuvent maintenant pester contre les « Grecs fainéants qui vivent avec l’argent de nos impôts ». Le capitalisme existe uniquement sous la forme d’États-nations en concurrence et le nationalisme demeure son « lubrifiant » politique.

Traduit de l’anglais par Aliénation99 & Memphis Krickeberg

Paru initialement dans Weekly Worker, n°911, 2012, http://weeklyworker.co.uk/worker/911/antifa-nationalism-and-democracy/ .

Bibliographie

Hecker Konrad, Der Faschismus und seine demokratische Bewältigung, Gegestandpunkt Verlag, 1996.

Huisken Freerk, Der demokratische Schoss ist fruchtbar, VSA Verlag, 2012.

Zurowski Maciej, « Günter Grass and the German neurosis », Weeky Worker, n°910, 2012,http://weeklyworker.co.uk/worker/910/gunter-grass-and-the-german-neurosis/.

1 Zurowski Maciej, « Günter Grass and the German neurosis », Weeky Worker, n°910, 2012, http://weeklyworker.co.uk/worker/910/gunter-grass-and-the-german-neurosis/.

2 Il existe aussi, à l’inverse des anti-allemands, des anti-impérialistes maoïstes et post-maoïstes dont certains affichent une attirance douteuse pour la patrie. S’inscrivant dans la lignée des analyses de G. Dimitrov, ils considèrent que le capitalisme financier international constitue le véritable fascisme.

3 Huisken Freerk, Der demokratische Schoss ist fruchtbar, VSA Verlag, 2012.

4 NDT Rappelons que l’entretien date de 2012, avant la grande vague migratoire de 2015.

5NDT Le Kommunisticher Bund fut une organisation d’extrême gauche, initialement d’orientation maoïste, active en RDA de 1971 à 1991.

6Le NSU (Nationalsozialistischer Untergrund) est un groupe terroriste néo-nazi qui a commis huit meurtres racistes entre 2000 et 2006. Les révélations à son sujet des dernières années ont fait apparaître que des agents de la sécurité d’État avaient infiltré l’organisation pendant toute son existence alors que le gouvernement allemand avait présenté les assassinats comme des « vendettas » entre des familles turques.

7 Hecker Konrad, Der Faschismus und seine demokratische Bewältigung, Gegestandpunkt Verlag, 1996.

Télécharger pdf: SI_AF natio demo_Huisken_2017

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Freerk Huisken est publiciste marxiste et ancien professeur d'économie politique de l'éducation dans le département des sciences de l'éducation de l'université de Brème. Il a beaucoup publié sur le thème de l'éducation dans la société bourgeoise. Il est membre de la rédaction de la revue Gegenstandpunkt. Il a récemment publié abgehauen, eingelagert, aufgefischt, durchsortiert, abgewehrt, eingebaut, Neue deutsche Flüchtlingspolitik (VSA Verlag, 2017), ouvrage portant sur l'instrumentalisation impérialiste de la politique migratoire.